InterSections
Le canton de Vaud et la fabrication des sorciers
20 mai 2026 14:00
Une terre de procès. Quand et pourquoi le canton de Vaud devint une terre de chasse aux sorciers ?
Contrairement à une idée largement répandue, les grandes chasses aux sorciers ne relèvent pas du Moyen Âge, et encore moins du folklore. Elles prennent forme à la charnière des XVe et XVIe siècles, dans des régions bien précises de l’Europe, dont l’arc lémanique et le canton de Vaud.
Cette conférence propose de revenir aux premiers procès, à leurs mécanismes juridiques et sociaux, et à la manière dont une figure fantasmatique, celle du sorcier et de la sorcière, s’est progressivement construite à travers des textes, des aveux contraints et des peurs collectives.
Elle abordera également les légendes persistantes et les idées reçues qui continuent d’entourer la sorcellerie aujourd’hui, en distinguant soigneusement mythes, reconstructions ultérieures et réalités historiques.
Enfin, un temps d’échange permettra d’aborder sans tabou les questions que l’on n’ose pas toujours poser : ce que l’on jugeait réellement, qui étaient les accusés et les accusées, pourquoi certaines régions furent plus touchées que d’autres, et comment s’est formée l’imagerie de la sorcière. On reviendra notamment sur l’origine de figures devenues emblématiques, telles que le chat noir, le chaudron, le vol nocturne, la cheminée ou le balai.
Château de Chillon, salon Albert Naef
PROGRAMME:
Cette conférence aura lieu dans un cadre prestigieux: le salon Albert Naef du Château de Chillon. Elle sera donnée par notre amie et membre, Renilde Vervoort, docteure en histoire de l’art. Son travail de recherche doctorale a porté sur les représentations de la sorcellerie dans les anciens Pays-Bas entre 1450 et 1700. Dans le cadre de sa thèse, elle a assuré le commissariat de deux expositions, l’une à Bruges et l’autre à Utrecht, et en a rédigé les catalogues en anglais et en néerlandais. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages et de contributions scientifiques consacrés à l’histoire de la sorcellerie et à ses représentations. Elle a également collaboré avec l’historienne Martine Ostorero (UNIL) à une exposition accompagnée d’un catalogue, présentée au Château de Chillon en 2011–2012.
Le billet donne droit à la visite du Château de Chillon, la conférence (gratuite !) et une collation.
PRIX:
25.-
Paiement:
Sur place, au guichet du Château.
COUP D'OEIL
Nous étions 27 participant·e·s au total, et le salon Albert Naef du Château de Chillon était plein. Nous avons été très bien accueillis, avec café et douceurs, dans ce cadre prestigieux.
La conférence, intitulée « Le canton de Vaud et la fabrication des sorciers », revenait sur une question centrale : quand et pourquoi le Pays de Vaud est-il devenu une terre de chasse aux sorciers ? Elle a permis de distinguer la magie populaire, présente dans toutes les sociétés, de la construction beaucoup plus précise de la sorcellerie diabolique, élaborée à la charnière des XVe et XVIe siècles par les tribunaux, les textes démonologiques, les aveux contraints et les peurs collectives. La discussion a également permis d’aborder plusieurs idées reçues encore très vivantes aujourd’hui, notamment l’image de la sorcière, le sabbat, le vol nocturne, le chaudron, le balai et le chat noir.
À l’issue de la conférence, les participant·e·s étaient libres de visiter le Château de Chillon, l’une des forteresses médiévales les mieux conservées de Suisse et en Europe.
Pour celles et ceux qui souhaitent prolonger la réflexion, il est vivement recommandé d’écouter l’entretien avec Martine Ostorero et Cyril Dépraz autour du podcast Au terrible temps des sorcières. Il revient précisément sur deux questions essentielles : pourquoi la chasse aux sorciers fut-elle si féroce en Suisse pendant plus de deux siècles ? Et comment un système judiciaire a-t-il pu créer son propre ennemi, entraînant la condamnation de dizaines de milliers de victimes innocentes ?
